Le B.A BA de l’étude de pédigrée
Vous êtes vous déjà demandé tout ce qui se cachait derrière une annonce de mariage ou derrière le choix d’acheter un Akita Inu pour intégrer un programme d’élevage plutôt qu’un autre ?
Non ?
Normal.
Mais voici quand même, en simplifié et décortiqué par yours truly, les grandes lignes d’une étude de pédigrée.
Step 1 : Identifier les critères physiques que l’on recherche
Que ça soit une recherche d’un mâle pour un mariage ou l’achat d’une femelle pour intégrer le programme d’élevage, la première chose à faire est de parvenir à identifier ce que vous aimez physiquement dans votre race de prédilection et le physique vers lequel vous voulez tendre.
Pour ce faire vous pouvez rassembler un maximum de photos de chiens différents qui vous plaisent (qui respectent le standard ! Toujours toujours, même si ça parait évident), et faire une liste des éléments qu’ils ont en commun les uns avec les autres. A la fin de ce travail vous aurez normalement réussi à identifier ce qui fait -pour vous- la valeur ajoutée d’un Akita Inu (si vous vous posez la question, une partie des miens sont un arrière correcte, des petites oreilles, une forme de tête qui tire vers des rondeurs, qu’il y ait des joues…)
Vous arrivez à trouver une photo d’un chien qui correspond à tous les critères de votre liste ? Bingo, gardez la précieusement, ça vous aidera à faire des comparatifs plus tard.
Step 2 : La beauté des ascendants (et descendants, et collatéraux…)
Maintenant que vous savez ce qui vous plait, je vous invite à aller vous perdre sur Akita Pedigree. Trouvez un chien dont le physique correspond à vos critères et regardez dans les photos de ses ancêtres. Est ce que la plupart d’entre eux correspondent aussi à ce qui vous plaît ou est ce que le chien que vous aimez est le plus physiquement qualitatif de tous ?
Au risque que ça paraisse contre productif, il est plus sage d’utiliser un chien qui présente moins de qualités mais dont les ancêtres étaient tous qualitatifs que l’inverse ! En effet, en termes de transmission génétique, il y a plus de chances que soient transmises les caractéristiques fortes de la lignée plutôt que ce que le chien porte sur lui directement.
Et maintenant ?
Tous les chiens au-dessus de celui que vous aimez sont aussi beaux que lui et portent les éléments de votre liste précédemment faite ? Parfait, on peut aller plus loin.
Mention spéciale si le chien a déjà reproduit et que ses chiots vous plaisent, ce qui est aussi valable au passage pour ses collatéraux – si vous les trouvez.
Step 3 : La santé “tracée”
Si le chien que vous appréciez est français, rien de plus simple : nous avons ce merveilleux outil qu’est le Lof Select ! Il nous affiche d’office les tests de santé qui ont été fait et dont les résultats ont été enregistrés (en Akita Inu on regardera à minima ceux qui sont demandés par le club de race).
Pour un chien étranger la tâche est plus ardue : sur Akita Pedigree on peut parfois trouver les données que l’on cherche sur les “notes” de la fiche du chien, mais pas toujours (et quoi qu’il en soit on a pas vraiment de “preuves” des résultats).
Rien n’est écrit ? Vous êtes bon pour aller directement demander à l’éleveur ! Et pour encore plus de solidité de résultat, aux adoptants sur la même lignée que vous trouverez en fouillant sur les réseaux sociaux…
Encore une fois : que seul le chien que vous aimez ait des bons résultats n’est pas une garantie que ses chiots seront dans le même cas ! Si par contre sur 5 générations tous les résultats de Dysplasie sont des A on peut estimer que le risque est moindre.
Step 4 : La santé “cachée”
La joie (lire ici mon sarcasme) de travailler l’Akita Inu est surtout dans l’étude des maladies génétiques que nous ne pouvons pas tester. Oui, je parle de l’Adénite Sébacée et du VKH. Et c’est là que le bât blesse, car personne ne communique vraiment sur le sujet.
Pourtant, aucun éleveur ne peut dire que la lignée qu’il travaille ne présente pas de risque. Pourquoi ? Simplement parce que tous les akitas que nous avons aujourd’hui descendent d’un nombre minuscule de chiens sélectionnés à la base. Tous retrempés les uns avec les autres.
Le véritable travail est donc de minimiser ce risque au maximum.
Le processus utilisé -dans notre élevage en tous cas, et chez d’autres éleveurs amis- est de rassembler une liste de chiens atteints (que l’on nous a confié, que nous avons trouvé en écumants les réseaux, en se rapprochants des clubs de race de l’Akita Inu dans d’autre pays…) et d’évaluer leur pédigrée.
En procédant à une comparaison des pédigrées des chiens atteints à celui du chien que nous souhaitons utiliser (sur 5 à 7 générations), on peut se faire une bonne idée du niveau de risque que ce dernier présente.
Je n’ai pas, pour le moment, eu la chance d’étudier le pédigrée d’un chien dans lequel on ne retrouve pas d’ascendants déjà présents dans le pédigrée d’un chien atteint de maladie quand on arrive au-delà de la génération 7.
Le risque est donc présent, même minime, partout.
Il reste ensuite à décider -en toute connaissance de cause- du niveau de “risque” que l’on accepte de prendre. Et ce dernier est propre à chaque éleveur. Chaque lignée. Chaque mariage.
On peut aussi retrouver dans cet axe la santé propre à chaque individu (moins grave, mais tout aussi pénible au quotidien pour les adoptants), tel que les allergies, les soucis de digestions… Qu’on ne peut connaitre qu’en posant la question à l’éleveur ainsi qu’aux adoptants de la même lignée.
Step 5 : Les qualités de reproduction
Ce sujet touche moins les adoptants, car pour eux il n’a aucune incidence : si leur chien n’est jamais amené à faire partie d’un programme d’élevage alors ce n’est même pas quelque chose d’intérêt, réellement. Il l’est par contre pour les éleveurs.
Pour récapituler simplement et rapidement : combien de chiots dans les portées de la lignée en moyenne ? Combien survivent ? Comment se passent les gestations ? Les mises bas ? La lactation ?
Car ce n’est pas le même travail si tous ces sujets sont sources de soucis ou au contraire si la nature fait toujours son travail correctement.
Step 6 : Le caractère
Last but not least, le caractère évidemment !
On cherche toujours le meilleur caractère possible afin qu’il se transmette aux futurs chiots (tout en restant sensiblement fidèle aux caractéristiques de la race, on s’entend). Et encore une fois, ce dernier n’est accessible qu’en discutant avec l’éleveur.
BREF
Je rajouterai à tout cela que si cette étude de pedigree et faite dans le cadre d’un mariage avec une chienne spécifique, le chien devra aussi être pertinent pour ladite chienne : corriger les défauts, souligner les qualités, avoir un type relativement similaire pour travailler les choses petit à petit et non pas faire un gros pas dans le vide d’un coup et créer une portée qui ne sera pas harmonieuse et ne garantira pas une “sécurité” sur les gènes qui seront transmis par la suite, si l’on veut continuer de la travailler.
Et pour une cerise sur le gâteau, si toutes les autres cases sont cochées: que l’éthique de l’élevage d’où vient le chien corresponde à la notre !
Donc, non, choisir un chien, un mariage, n’est pas « juste » deux chiens qu’on trouve jolis. C’est tout un travail, passionnant certes, mais un travail quand même et vos loups sont la consécration de ce travail et cette passion !
En espérant que vous apprécierez encore plus ce que ce chien, qui dort sur votre canapé, représente pour la personne qui l’a fait naître !
Akitalement

